LE PAYSAN — Au cœur de l’info agricole Contactez-nous
Agriculture

Semences « Made in Guinea » : le ministère de l’Agriculture mise sur un partenariat public-privé pour la souveraineté semencière

25 septembre 2026

Photo de famille à l’issue de l’audience au ministère de l’Agriculture sur la production de semences « Made in Guinea »

Le ministre de l’Agriculture, Félix Lamah, a reçu le jeudi 24 septembre 2026 Birama Sidibé, fondateur de l’entreprise malienne AgroBioTech Pépinières du Sud. Au centre des échanges : la production locale de semences améliorées, pour réduire la dépendance de la Guinée aux importations.

La Guinée veut produire elle-même ses semences. C’est le sens de l’audience accordée ce jeudi 24 septembre par le ministre de l’Agriculture, Félix Lamah, à Birama Sidibé, fondateur d’AgroBioTech Pépinières du Sud. Cette entreprise malienne produit des semences et des plants améliorés grâce à des solutions technologiques innovantes appliquées au végétal.

Un atout écologique unique dans la sous-région

Dès l’ouverture des échanges, Birama Sidibé a mis en avant un avantage que peu de pays d’Afrique de l’Ouest possèdent. Selon lui, la diversité phytogéographique de la Guinée et ses conditions agro-climatiques favorables créent des microclimats exceptionnels, particulièrement adaptés à la production semencière.

Réduire une dépendance coûteuse aux importations

Aujourd’hui, une grande partie des semences utilisées par les agriculteurs guinéens est encore importée, à un coût élevé. Pour changer cette situation et renforcer l’indépendance alimentaire du pays, le ministère de l’Agriculture veut construire une alliance stratégique avec plusieurs acteurs : des opérateurs privés comme AgroBioTech, l’Institut de recherche agronomique de Guinée (IRAG) et les structures de financement du secteur agricole.

Les deux parties ont partagé la même conviction : la souveraineté semencière passe par la valorisation des ressources nationales. La priorité ira notamment à la multiplication de variétés endémiques, naturellement résistantes. Ces variétés seront préférées aux semences hybrides importées, souvent mal adaptées aux réalités agro-écologiques du pays.

Participant lors des échanges au ministère de l’Agriculture, avec des plantules en culture in vitro sur la table

Pomme de terre, laboratoire et Banque de gènes : les priorités du ministre

Félix Lamah a demandé que les essais de production de plantules de pomme de terre se poursuivent, à partir de matériel végétal adapté aux conditions locales. Il a également fixé deux priorités : créer un laboratoire spécialisé et mettre en place une Banque de gènes. Ces deux structures sont jugées indispensables pour préserver et valoriser le patrimoine génétique, scientifique et agricole de la Guinée.

Participant lors de l’audience au ministère de l’Agriculture consacrée à la souveraineté semencière

Un levier pour l’emploi des jeunes

Le modèle « Made in Guinea » reposera sur une collaboration renforcée entre le ministère de l’Agriculture, l’IRAG, les instituts de recherche sous-régionaux et des entreprises technologiques comme AgroBioTech.

En misant sur l’innovation semencière et sur l’augmentation des capacités de production, les autorités veulent moderniser l’agriculture guinéenne. Elles veulent aussi créer des emplois bien rémunérés pour les jeunes, dans un secteur qui reste un pilier de l’économie nationale.

La Rédaction – Le Paysan

LA LETTRE DU PAYSAN

L’essentiel du monde rural, directement dans votre boîte mail.

Recherchez une actualité, une filière, une région ou un conseil.