Le ministre de l’Agriculture, Félix Lamah, a rencontré la Banque mondiale le mardi 6 octobre 2026 à Conakry pour discuter de la phase II du Projet de développement de l’agriculture commerciale en Guinée (PDACG II) et de l’initiative AgriConnect. Le programme, estimé à 441 millions de dollars, doit faire de l’agriculture un moteur d’industrialisation et d’emploi.
Entouré des hauts cadres de son département, le ministre de l’Agriculture, Félix Lamah, a reçu les représentants du Groupe de la Banque mondiale à Conakry. La séance a porté sur la mise en œuvre du PDACG II et d’AgriConnect, deux outils qui doivent accélérer la modernisation du secteur agricole guinéen.
L’agriculture au cœur de Simandou 2040
Le ministre a replacé ces projets dans la vision du président de la République, Mamadi Doumbouya, telle qu’elle figure dans le premier pilier du Programme Simandou 2040. Pour lui, l’agriculture ne doit plus se limiter à la subsistance. Elle doit devenir un moteur d’industrialisation, de création d’emplois et de souveraineté alimentaire, avec une place centrale pour les jeunes et les femmes.
Il a résumé l’objectif en une formule : produire ce que la Guinée consomme, transformer ce qu’elle produit et créer de la valeur tout au long des chaînes de production. Cela suppose de passer progressivement d’une agriculture extensive à une agriculture intensive, moderne, productive et tournée vers les marchés.
Un écosystème intégré plutôt que des projets dispersés
Avec le PDACG II et AgriConnect, le gouvernement veut rompre avec la logique des projets isolés pour bâtir un écosystème cohérent. Celui-ci reposera sur la structuration des chaînes de valeur, en priorité dans le riz, le fonio et l’aviculture.
Les priorités sont de renforcer la transformation locale, de faciliter l’accès au financement et d’attirer l’investissement privé. L’État prépare en parallèle des réformes institutionnelles pour sécuriser ces capitaux.
Des objectifs chiffrés ambitieux
La feuille de route prévoit :
- 150 000 hectares à aménager dans le cadre de la Stratégie nationale de développement de la filière rizicole de seconde génération ;
- plus de 500 000 hectares de riz à cultiver en 2027 ;
- 15 000 tonnes de fonio à produire et à valoriser, contre environ 1 000 tonnes aujourd’hui ;
- plus de 250 000 producteurs bénéficiaires, connectés aux marchés.
441 millions de dollars et 66 000 emplois visés
L’investissement global indicatif du PDACG II est de 441 millions de dollars, dont 116 millions de l’Association internationale de développement (IDA), le guichet de la Banque mondiale. Le programme cherche aussi à mobiliser 150 millions de dollars de capitaux privés.
Il vise la création de 66 000 emplois directs et indirects, avec une attention particulière portée aux jeunes et aux femmes.
L’engagement du gouvernement réaffirmé
En conclusion, Félix Lamah a remercié la Banque mondiale et l’ensemble des partenaires du projet. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement, à travers son ministère, à réunir toutes les conditions nécessaires à la transformation du secteur agricole.



